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Des chauves-souris, des singes et des Hommes

couverture de l'album Des chauves-souris, des singes et des Hommes

Éditeur : Gallimard

Scénario : Stéphane Barroux, Paule ConstantDessin : Stéphane Barroux

Collection : Fétiche

Genres : Récit de vie

Public : À partir de 16 ans

Prix : 18.00€

La critique culturebd

Note culturebd 5.0

Scénario

5.0

Dessin

4.5

Tout commence dans un village de brousse avec une petite chauve-souris. Quelque part en Afrique, la petite Olympe la recueille et en amuse ses frères. Sur ses traces, un mal insidieux s’invite à la fête avec un festin de viande de brousse. Il fallait le langage poétique de Paule Constant et le dessin aux accents naïfs de Stéphane Barroux pour que cette BD, qui doit son intrigue à la réalité, émeuve et hypnotise à la fois.

Plus bas sur la rivière, Agrippine, médecin sans frontière, s’apprête à naviguer de villages en villages après une escale dans un dispensaire sans moyens, tenu par des religieuses. Elle croisera la route d’Olympe plus tard, trop tard... Et ce ne sont que deux des nombreux destins qui se croiseront dans l’ombre d’une nouvelle épidémie, dont l'Homme avait créé les conditions idéales pour qu'elle se propage.

Alors que le récit annonce dès son ouverture que la mort rode, celle-ci ne prend pas le pas sur la fable. Les mots choisis de Paule Constant ne suent pas le misérabilisme ni le réalisme frontal. Elliptiques, ils tracent les contours d’un mal qui se devine avant de se faire connaître, parsemant son expansion de moments de vie joyeux, insouciants ou carrément absurdes. Jouant de ce que le lecteur sait, l’émotion provoquée par ces non-dits crève les yeux et le cœur.

Pour adapter en BD ce roman, Stéphane Barroux s’est armé de sublimes couleurs éclatantes. Avec un trait volontiers brut, il crée la distance nécessaire que ce soit dans l’ivresse de l’abondance ou dans l’abominable des cadavres qui s’accumulent. Comme dans Alpha, il illustre le texte devenu voix off, excluant les bulles mais pas les visions fantasmagoriques ni l’humour.

Une fois happé par son rythme de narration, difficile d’arrêter la lecture de ce conte qui se mue peu à peu en tragédie.

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