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La neige était sale

couverture de l'album La neige était sale

Éditeur : Dargaud

Scénario : Jean-Luc FromentalDessin : YslaireAuteur adapté :

Collection : Simenon, les romans durs

Genres : Polar / Thriller

Prix : 23.50€

  • ZOO
    note Zoo5.0

    Scénario

    4.5

    Dessin

    5.0
  • note lecteurs4.5
    3 notes pour 1 critique

Le synopsis de l'album La neige était sale

Frank est le fils de Lotte, tenancière de la maison close que fréquentent les forces d'occupation de cette ville moyenne d'Europe de l'Est jamais nommée, figée dans les pénuries, le froid et la sourde horreur des années de guerre. Il a 17 ans et les filles n'ont plus de secrets pour lui, puisqu'il a les pensionnaires de sa mère à disposition. Sans savoir ce qu'il cherche, Frank se laisse glisser sur la pente du banditisme, assassine, sans raison matérielle ni patriotique, un occupant particulièrement répugnant, vole et tue une vieille femme qu'il connaît depuis l'enfance, et plonge dans un avilissement que seule éclaire l'image idéalisée de Sissy, sa chaste voisine, éperdument amoureuse de lui. La déchéance volontaire peut-elle conduire à la rédemption ? C'est la question lancinante que soulève La neige était sale, le grand roman existentialiste de Georges Simenon, adapté avec brio par Jean-Luc Fromental et Bernard Yslaire.


La critique ZOO sur l'album La neige était sale

Fromental et Yslaire signent l'adaptation magistrale d'un des romans noirs de Simenon. L'histoire se déroule dans le milieu des voyous et des prostituées dans un pays occupé par une nation étrangère. Un scénario qui retranscrit le style narratif et l’esprit du roman, tandis que le dessin illustre parfaitement le propos.

Bien que le roman ne précise pas le lieu exact de l'intrigue, les auteurs de la bande dessinée ont choisi de situer l'action en Hongrie pendant l’occupation allemande. Le narrateur, Frank, un jeune homme séduisant, vit avec sa mère, une maquerelle qui a transformé son appartement en maison close. Il partage son espace avec des prostituées. Le protagoniste, assez antipathique, est un voyou sans morale, assassin, voleur, mac... L'album se divise en deux parties : la première où Frank commet plusieurs méfaits auxquels il reste complètement indifférent, et la deuxième qui dépeint son incarcération, l'enquête de la police et ses interrogatoires.

L'intrigue est narrée par le héros, avec de nombreuses pensées retranscrites en voix off. Il se montre froid et analytique, racontant les événements avec détachement. La narration rappelle celle de L'Étranger de Camus. La fin n'est pas une surprise pour le lecteur, et le personnage principal étant peu sympathique, le dénouement est un soulagement. Jean-Luc Fromental a réussi à retranscrire dans la BD le ton du roman, montrant comment le protagoniste est le spectateur de sa propre vie. Le roman, qualifié d'existentialiste à sa sortie, est parfaitement rendu.

La neige était sale

La neige était sale © Dargaud, 2024

Yslaire est une fois de plus éblouissant. Outre ses succès passés tels que Bidouille et Violette ou Sambre, il a livré en 2021 une biographie de Baudelaire et de sa muse absolument étonnante. Il s'attaque maintenant à Simenon. Son dessin est magnifique, réalisé au crayon rehaussé de quelques touches de couleur, son trait est vivant. Il parvient à transmettre l'indifférence du héros face à l'ampleur de ses actes ou lors de son incarcération.

La structure des planches est plutôt classique, en gaufrier (six cases disposées en trois rangées de deux), mais avec parfois des cadrages étonnants. Par exemple, à la page 39, Frank discute avec une jeune femme en sortant de chez lui. Les quatre cases du bas représentent la cage d'escalier dans son ensemble, vue en contre-plongée. Dans chaque case, les protagonistes sont représentés à différentes étapes de leur parcours et de leur conversation : un bel exemple de narration graphique.

Une très belle adaptation où le scénario et le dessin sont en parfaite communion pour retranscrire le ton du roman.

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Commentaire et critiques (1)

note de la critique de François Samson

4.5

On sent le plaisir du dessin. Avec un côté charnel. Yslaire fait les têtes un peu grosses, mais cela fonctionne bien. On retrouve bien des attitudes typiques de ses personnages (Frank case 3 de la page 89). Il y a clairement une ambiance. L’équilibre entre le texte off et les dialogues rend bien.

Le 07/05/2024 à 19h20