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Kivu, terre de sang

Un village incendié, une petite fille de 14 ans qui se fait violer et un petit garçon qui se transforme en tueur, voici comment s’ouvre le nouveau récit de Van Hamme, Kivu.


Récit de fiction ou documentaire ? Les frontières sont poreuses dans ce one-shot tant il est porté par un réalisme graphique accru, des personnages stéréotypés et des héros bienveillants. Le scénariste de XIII et le nouveau dessinateur de Corentin font le pari risqué de transposer l’histoire du Kivu dans une BD franco-belge classique. Cette région de l’est du Congo est toujours gangrénée au XXIe siècle par les massacres, les viols et les mutilations pour faire fuir la population des terres agricoles. Terres qui recèlent plus de 60 % des réserves mondiales de coltan.

Extrait de Kivu

Extrait de Kivu


Ce minerai, indispensable à la fabrication des smartphones,est invoqué par des groupes industriels pour encourager en sous-main des raids pour terroriser les habitants afin qu’ils abandonnent leurs terres à l’exploitation minière.Exploitation environnementale et mutilation humaine : vieille partition qui semble se rejouer à l’infini dans cette région de l’ex-Congo belge. Cette effroyable musique a commencé en 1885, alors que cette partie du monde devient la propriété du roi Léopold II et le terrain de chasse de concessionnaires qui exploitent les arbres à caoutchouc.

S’il se concentre sur la situation actuelle, dramatique,Van Hamme revient aussi sur ceux qui se mettent au service de la population du Kivu, à l’image du chirurgien gynécologue Dr Denis Mukwege, surnommé « l’homme qui répare les femmes ». A Panzi, dans le Sud du Kivu, il a fondé un hôpital spécialisé dans le traitement des personnes mutilées, rejoint par le médecin belge Guy-Bernard Cadière. Ce dernier donnera à Jean Van Hamme l’idée de cette BD, avec laquelle le scénariste a « voulu apporter une contribution, informer le plus grand nombre de personnes possibles de la situation pour déchirer l’empire du silence ».

Article publi-rédactionnel

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