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Ibticem et sa banlieue pleine richesses

Auteur(s) :
Ibticem

Date : 25/06/2018

Lieu : Paris

Entre baskets dernier cri et airs de platine, la Toile montante dévoile la beauté de la street grâce à l’art d’Ibticem. Portrait de cette jeune étudiante en illustration qui nous parle de son amour pour la banlieue et la richesse culturelle qu’elle abrite.

La BD, une vocation plus forte que jamais

Influencé par les mangas, Ibticem a dessiné le héros de son enfance : Kaneda Shotaro de la série Akira !

Ibticem a croqué son héros favori,
celui d'Akira

Parmi ses souvenirs d’enfance, Ibticem retient ses séances de dessin partagées avec sa cousine. Mais malgré de la famille éloignée comprenant une peintre ou bien un caricaturiste, on ne peut pas vraiment dire que l’art est une affaire familiale : « On aime bien l’art, mais il faut pas mal de force pour s’y accrocher. » tranche-t-elle. Cette force, la jeune femme la décuple entre les pages Dragon Ball, Ken le Survivant, Berserk ou La Rose de Versailles.

D’abord intéressée par l’archéologie, Ibticem ne voyait pas en la BD un plan d’avenir. Du moins, jusqu’au collège, où les choix d’orientation l’embarquent dans une filière d’arts appliqués. Du bac jusqu’au BTS design graphique, son don pour le dessin n’avait pas trop sa place. Heureusement, une fois admise en DMA illustration, Ibticem goûte à un vent de liberté. De l’infographie à l’acrylique, du manga au roman graphique, l’étudiante apprend peu à peu à étendre sa palette de techniques et de références.

Dépeindre la diversité culturelle

Dans le florilège de travaux et découvertes qui tapissent son Tumblr et son Instagram, Ibticem ajoute toujours un ingrédient essentiel : sa vie. « C’est plus facile pour moi de raconter une histoire que d’en inventer » glisse l’autrice avant d’ajouter « Et puis, notre travail est toujours reflet de nos origines, de notre vécu. On a beau le cacher, c’est ce qui ressort ! » Et ce qui ressurgit le plus dans ses planches, ce sont ses racines maghrébines mais aussi son amour pour la culture urbaine et la banlieue qui l’a vue grandir.

Dans ses dessins, Ibticem met en avant une culture urbaine qui se fraye une place dans l'art.

Dans ses dessins, Ibticem met en avant une culture urbaine qui se fraye une place dans l'art.

Avec son franc-parler et ses sneakers au pied, Ibticem est parée pour terrasser le stéréotype du banlieusard-dealeur des squats. Car les hangars et autres recoins de banlieue qu’elle fréquente recèlent d’artistes, qu’ils appartiennent à Good Dirty Sound ou à d’autres collectifs d’artistes qu’elle admire : « Ce sont des gens au top, qui sont dans la culture et la font avancer, au point d’être même invités dans des galeries d’art. A mes yeux, ils sont au même niveau que les gens parqués dans leurs locaux tout beaux tout propres. » Mais au-delà de l’ambiance électrique des soirées clandestines et des défilés de bananes Fila, Ibticem tient à faire rayonner la mixité culturelle et ethnique qui a encouragé ses élans créatifs.

Le web, un moteur

Dans sa BD Tsujigiri, Ibticem promet un récit sombre et plein de clin d'oeil à la culture japonaise.

Avec sa BD Tsujigiri, Ibticem promet
un récit japonisant et sombre.

Et s’il y a bien un endroit où Ibticem peut porter ce message, c’est sur Internet. L’autrice se souvient encore de son adolescence passée à chercher des scans de manga ou à sillonner les blogs de BD. A force d’en fréquenter, se lancer l’aventure du dessin était trop tentant, et à raison. Les déambulations sur le web ont été riches de belles rencontres, qui se sont parfois terminées en sessions de dessin collectives ! Ce qui lui ont permis d’apprécier son travail et développer son univers.

De quoi lui donner de la détermination pour des projets à venir. Après ses études, Ibticem compte bien réaliser les idées qui constellent son imagination, comme Tsujigiri, une histoire sombre de samouraïs, qui rappelle ses influences japonaises. Elle ne délaisse pas pour autant la culture urbaine, ayant dans ses tiroirs une BD documentaire. Elle a déjà réalisé des illustrations et des badges de personnages aux allures gangsta, comme elle les aime !

Pour cette Toile montante nous a fait pastiche des terrasses peintes par David Hockney. Pour découvrir d'avantage ses influences et son univers, rendez-vous sur sa page Instagram !

Pour cette Toile montante, Ibticem a fait pastiche des terrasses peintes par David Hockney.
Pour découvrir davantage son univers, rendez-vous sur sa page Instagram !

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