icône accueil culturebdicône accueil over culturebd
culturebd - La culture a son image

Chioki Okada, la douceur au bout des crayons

Auteur(s) :
Chiaki Okada

Date : 30/11/2017

Lieu : Paris

Illustratrice de livres jeunesse lumineux, Chioki Okada état de passage en France pour le Salon de Montreuil, invitée par son éditeur français, Nobi-Nobi. A cette occasion, elle nous a dévoilé ce qu'elle aime créer, tout en douceur.

Pourquoi avez-vous choisi de dessiner pour des livres destinés aux enfants ?

Chioki Okada : Le fait de dessiner pour une histoire scénarisée m’aide beaucoup à stimuler mon imagination. Sans le support d’un récit, j’ai bien plus de mal à dessiner. Finalement c’est quand j’ai trouvé ce médium qu’est le livre de jeunesse que j’ai enfin pu libérer mon envie de dessiner.

Extrait de Jour de pluie, Chioki Okada

Extrait de Jour de pluie, Chioki Okada

Je dessine toujours des illustrations qui occupent une double-page car c’est la forme canonique des livres jeunesse au Japon. On y trouve assez rarement une narration avec des cases par exemple et ce format convient très bien à ma manière de créer.

Comment choisissez-vous les projets que vous voulez illustrer ?

De manière générale, j’aime illustrer des livres destinés non seulement aux enfants mais aussi aux adultes : c’est pour cela que j’ai beaucoup aimé réaliser Douce lumière qui peut se lire à tout âge. Et quand les livres sont plus spécifiquement destiné à un public d’enfants, j’adore illustrer les scènes imaginaires. Dans J’attends maman, j’ai particulièrement aimé dessiner la scène où la maman s’envole dans le ciel accrochée à des ballons : ce genre de scènes impossibles est pile ce que j’adore illustrer.

Extrait de J'attends Maman, Chioki Okada

Extrait de J'attends Maman, Chioki Okada

Avez-vous une manière spécifique de travailler avec vos scénaristes ?

J’ai entendu qu’en France les auteurs jeunesse travaillent souvent avec une maison d’édition précise, alors qu’au Japon la plupart des auteurs travaillent avec plusieurs maisons d’édition différentes. Et la manière de travailler ensemble dépend surtout de la maison d’édition. Je travaille de manière très différente à chaque fois.

Pour Douce lumière, qui est un cas assez particulier, j’ai beaucoup travaillé avec la scénariste. Dans un premier temps, elle a écrit l’histoire, accompagnée de l’éditeur et m’a choisie pour l’illustrer. A chaque fois que j’ai fait une réunion avec l’éditeur, elle était présente : c’était une vraie discussion à trois même si le texte était déjà écrit. Je me rappelle que la seule indication à laquelle elle tenait vraiment était que l’illustration ne spécifie pas un endroit ni un pays ni une époque, pour rendre le récit intemporel.

Extrait de Douce Lumière, Chioki Okada

Extrait de Douce Lumière, Chioki Okada

De quoi vous êtes-vous inspirée pour créer votre trait si rond et doux ?

J’ai commencé à illustrer des livres assez tard : j’ai eu trois enfants et je n’ai quasiment pas dessiné pendant que je les ai élevés. Une fois qu’ils sont devenus grands, j’ai vraiment eu envie de m’y consacrer.

Ce ne sont pas leurs personnalités qui m’ont directement inspirée amis plutôt la sensation globale que j’ai eu en les élevant. Je faisais beaucoup de câlins à mes enfants quand ils étaient petits et je gardais cette sensation de douceur constamment sur mes mains. C’est elle qui m’a inspirée pour dessiner.

Extrait du Portrait de Nounours, Chioki Okada

Extrait du Portrait de Nounours, Chioki Okada

Je n’ai jamais réussi à prendre de la distance pour analyser mes dessins mais si la texture de mes illustrations dégage cela, la technique que j’utilise est peut-être pour quelque chose. Dessiner avec des crayons sur du papier à aquarelle donne beaucoup de rondeur aux scènes représentées.

Et que retenez-vous de vos rencontres avec le public français comme japonais ?

La plupart du temps je travaille seule attablée à un bureau chez moi. Alors découvrir des lecteurs dans un pays si lointain, c’est émouvant ! Quel que soit le pays, les réactions sont les mêmes : c’est ce qui me touche énormément ! En France comme au Japon, quand je rencontre les parents, ils me disent que quand ils ont lu mes albums, ils ont pensé immédiatement à leur propre enfant. Rien ne me fait plus plaisir.

Extrait de J'attends Maman, Chioki Okada

Extrait de J'attends Maman, Chioki Okada

Pour aller plus loin

Haut de page

Commentez

1200 caractères restants