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Qui se cache derrière la Carotte bleue ?

Sébastien Telleschi a créé le mythe de la carotte bleue pour dessiner des immenses tableaux peuplés de lapins où toute la famille peut s’amuser à se perdre pour l’y trouver. Il nous a raconté comment est née cette légende et les pages fourmillant de détails qui la contiennent.

Comment est née la série A la recherche de la carotte bleue ?

Sébastien Telleschi : J’ai toujours adoré faire des dessins hyper riches en détails avec le plus de profondeur possible. Et durant une nuit d’insomnie, j’ai eu envie de dessiner un univers où de très nombreux personnages seraient autonomes dans un espace délimité. J’aurais pu imaginer un arbre peuplé de milliers d’oiseaux mais il m’est venu l’idée d’un terrier douillet, peuplé de lapins.

Extrait d'A la recherche de la Carotte bleue, les Métiers

Double-page d'A la recherche de la Carotte bleue, les Métiers

J’aurais pu imaginer d’autres animaux même si, je l’avoue, j’ai un lapin à la maison ! Il s’appelle Charlie et il est borgne... Et il n’apparaît jamais dans A la recherche de la carotte bleue ! [Rires] Quand j’ai créé mes premières illustrations, j’avais déjà en tête plein de petites scènes, liées entre elles par le mouvement, sans qu’il y ait un sens de lecture.

J’ai commencé à dessiner avec un crayon et comme j’avais envie d’y ajouter plein de détails, je suis passé à mon outil de dessin quotidien : le logiciel Illustrator ! Au bout d’un certain temps, je les ai présentés à des éditeurs et on m’a dit que vu la densité de mes planches, je devrais y glisser un jeu. C’est ainsi qu’est né l’objet unique : une carotte bleue dans un monde de carotte orange !

Illustration extraite d'A la recherche de la carotte bleue

Le texte est donc né ensuite ?

Pour le premier tome, je me suis creusé la tête pour un fil rouge et comme j’aime l’Histoire, j’ai placé la carotte bleue à différentes époques. Comme l’ensemble de mes dessins était trop dense et pouvait écœurer à la lecture, avec Pôl Scorteccia, nous sommes passés de l’idée d’un simple imagier à un livre contenant une histoire. On a donc créé des textes aussi fantaisistes que les dessins.

Et la tribu lapin récurrente était présente dès le début ?

A l’origine, tous les lapins étaient inidentifiables, tous stylisés de la même manière. Toujours en discutant avec mon éditeur, on s’est dit que ce serait bien de créer une famille en plus, qui serait comme un point d’accroche. Une fois la carotte bleue trouvée dans chaque illustration, on peut rechercher ces personnages très identifiables, mais ils ne sont pas les seuls à être récurrents ! On trouve très souvent un lapin qui est aux toilettes et a toujours plus ou moins des soucis...

Une partie de la tribu lapin : Ramon Lapinobalez, Grasse Lapinakelly, Audrey Lapinaslimmy

Le but de ce cherche-et-trouve, au delà de la carotte, c’est que les lecteurs y retournent : je suis donc comblé quand des lecteurs me disent qu’ils ont découvert ceci ou cela à la relecture !

Et comment dessinez-vous ces tableaux emplis de lapins ?

Je commence par une longue phase de croquis et de notes liés à chaque endroit. Je note plein de choses : le nombre d’étages, les communications entre les scènes, des références, etc. Une fois ces recherches passées, je passe une petite semaine de recherche et de dessin pour la double-planche. Je mets ensuite cinq semaines rien que pour la couleur et les retouches d’une double-page !

Extrait d'un croquis préparatoire

Extrait d'un croquis préparatoire

Une illustratrice m’a demandé si j’étais devenu un pro d’Illustrator : pas du tout ! Pour composer chaque planche, je trouve des éléments de décor qui vont se casser la figure et je construis autour de cette fragilité. Donc je commence par le décor sur lequel, j’imagine l’harmonie colorée qui va dominer l’illustration et je crée les scènes comme un gâteau, en empilant ! Et quand je n’arrive plus à récupérer les éléments que je veux dans ce tas, je crée un calque : je dessine donc de manière traditionnelle mais sur ordinateur, des calques qui trainent partout !

Peut-être que j’adore me faire du mal quelque part car utiliser Illustrator demande de dématérialiser les images, comme si on dessinait avec du papier et des ciseaux ! Travaillant en déconstruisant chaque forme est moins spontané mais me permet, en me torturant l’esprit, de réaliser des détails que je ne pourrais pas rendre à mains nues ! Je travaille souvent à 1500-1800 %, afin de glisser plein de petites choses à chaque endroit, une fois les détails finis, je constate la densité qu’ils créent en dézoomant.

Y a-t-il des indices que vous voudriez donner au lecteur pour trouver cette Carotte bleue ?

Je ne donnerai pas d’indices mais pour éviter toute frustration : les éléments à chercher sont tous dans les doubles-pages illustrées pas dans les dessins à côté du texte. Et comme on me pose beaucoup de questions par rapport à ça dans les salons et même sur facebook : oui, la carotte bleue est dans toutes les doubles-pages illustrées. Il faut y chercher une vraie carotte, par exemples celles sur les drapeaux ne comptent pas !

Double-page extraite d'A la recherche de la carotte bleue Métiers

Double-page extraite d'A la recherche de la carotte bleue Métiers


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