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John Tango, western contemporain de Cordillère des Andes

Auteur(s) :
Philippe Xavier, Matz

Lieu : Paris

En tournée pour la sortie du premier tome de Tango, Matz et Philippe Xavier ont fait une halte dans un bistrot pour nous raconter comment ils ont imaginé le beau gosse poursuivi par une bande de méchants plutôt remontés…

Tango né en Bolivie

Comment est né le héros John Tango ?

Philippe Xavier : Je venais juste de boucler Croisade et Conquistador avec Jean Dufaux et commençais Hyver 1709 avec Nathalie Sergeef. J’avais envie de démarrer une série qui allait me chambouler. Pour faire le grand écart et changer d’époque, j’ai eu l’idée d’un western contemporain qui se passerait en Amérique du Sud.

Quand j’ai rencontré Matz, c’est apparu comme une évidence : avec ses dialogues et sa voix off, il était le scénariste qui fera naître cette aventure contemporaine.

Pourquoi avoir placé ce western contemporain en Bolivie ?

Philippe Xavier : J’adore l’Amérique du Sud, où j’y ai vécu pendant cinq ans. On a choisi la Cordillère des Andes pour ses paysages majestueux et intacts : un terrain de jeu original que je peux m’approprier par le dessin. On a tenu un journal de bord pendant le voyage qu’on a fait sur place, dont est publié un bref extrait à la fin de ce premier tome.

Matz : Arrivés sur place, on a très vite eu l’idée du personnage qui se cache puis on a embrayé sur l’idée que tout le monde a quelque chose à cacher même s’il ne se cachait pas lui-même. On avait aussi envie de l’action, du mouvement. En fait, sans le voyage, l’album n’aurait pas été le même, parce qu’on n’aurait pas eu la mesure de ces paysages immenses.

Photo issue du Carnet de voyage à la fin du tome 1 de John Tango

Philippe Xavier : Sans y être, on ne se rend pas compte à quel point les dimensions sont démesurées, même avec les photos disponibles en ligne. Durant le voyage, on se racontait des scènes de Tango qu’on plaçait dans des paysages qu’on voyait. On était très attentifs à ce qui nous entourait et on s’en est servi pour découper le rythme de cet album.

Matz : Bien sûr, rentrés chez nous, on a retravaillé l’ensemble ! La version publiée de Tango n’est pas du tout la première qu’on a imaginée. On voulait une histoire très rapide, qui avance tout le temps. On y a aussi ajouté le côté buddy movie [littéralement « film de potes », qui repose souvent sur un duo diamétralement opposé]...

Des films d’actions comme références pour cette aventure

Des références en tête pour construire cette BD d’action ?

Philippe Xavier : On a surtout parlé des roadmovies des années 80 de Shane Black, dont L’Arme fatale. On avait en tête tous ces films où il y avait une force dans les dialogues et un duo assez magique.

Matz : On avait aussi des bandes dessinées en tête : on voulait faire une BD d’aventure et d’évasion entre Corto Maltese et Bernard Prince. On a mélangé le western, le thriller, le buddy movie dans une optique de se faire plaisir en faisant de l’aventure classique avec des thèmes modernes.

Les méchants semblent sortis tout droit de films d’action...

Philippe Xavier : C’est très cliché, je me suis dit « on y va franco » ! J’ai fait un « quota racial » comme dans les films : dans la bande de Miami, il y a le Noir, le cow-boy, l’Indien et le hipster, ce qui m’a permis de gérer le grand nombre de méchants en les rendant reconnaissables et complémentaires.

Matz : Mais ce n’est pas gratuit dans l’histoire : la population de Miami est très mélangée.

Philippe Xavier : Ce sont les dialogues de Matz qui m’ont guidé dans mes choix : je n’aurais pas pu dessiner l’Indien à la place du cow-boy par exemple.

Quant à John Tango, c’est le héros beau gosse par excellence...

Philippe Xavier : Dans toutes mes séries, tous mes héros se ressemblent : j’ai un acteur qui joue les rôles principaux dans mes différents films. Pour moi, c’est la gueule de l’aventurier typique. Je change cependant les rôles secondaires selon les récits.

Ici, c’est Mario ! A la base j’en avais fait une sorte de Lino Ventura. Mais au bout de cinq pages, je me suis rendu compte qu’il ressemblait trop à l’acteur et qu’il ne correspondait pas à l’univers de Tango. J’ai donc recommencé en lui ajoutant une moustache pour faire un clin d’œil à Barney de Bernard Prince.

Matz : Ou MacClure de Blueberry !

Philippe Xavier : Et quand je lui ai ajouté le Panama, il était là. Mario sera un personnage récurrent mais chaque tome pourra se lire de manière indépendante : il se passera chaque fois dans un lieu différent et avec des emmerdes différentes pour John Tango...

Matz : Il y a beaucoup de choses à explorer, un passé à distiller au fur et à mesure.

Et où se situera le prochain tome ?

Philippe Xavier : Le deuxième tome se déroule aux Bahamas mais on l’a écrit en Normandie, question de budget [Rires]... Et le troisième peut être dans le Canal du Panama...

Matz : Surtout que j’ai appris par hasard une anecdote amusante qui s’y passe... Mais la destination peut encore changer !

Vous avez d’autres projets sur le feu ?

Philippe Xavier : Je suis à fond sur Tango, je suis à la 40e page du tome 2 que je dois rendre en février...

Matz : En janvier sortira Vies volées que Mayalen Goust dessine. Ce sera une fiction sur fond historique autour des enfants disparus pendant la dictature en Argentine. Nous avons aussi scénarisé Le Specimen avec Walter Hill qui devrait sortir durant le premier trimestre 2018.

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