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Les animaux règnent en maîtres

Le scénariste Sylvain Runberg partage sa vie entre la Suède et la France. Un double point de chute qui semble convenir à ce scénariste de plus en plus productif et inspiré. Avec Olivier G. Boiscommun, ils sortent le deuxième tome de leur série d’heroic fantasy animalière. Retour les deux auteurs sur le succès en librairie qu’est Le Règne, qui conte le périple de trois animaux mercenaires dans un monde bouleversé par les dérèglements climatiques.

Un récit d’anticipation sur les dérèglements climatiques

Comment est née l’idée du Règne ?

Sylvain Runberg : Cela faisait un bout de temps que j’avais envie d’écrire un récit d’anticipation sur les dérèglements climatiques. Quand on aborde ce sujet, on pense souvent aux conséquences des désastres écologiques sur l’humanité et la destruction de la planète. Le modèle de la croissance économique entraîne la destruction. Mais le vrai problème écologique, c’est que la vie sur Terre ne va pas disparaître, l’homme peut-être, mais les animaux eux ont des chances de survivre. Il leur faudra alors s’adapter dans un monde sans arrêt en mouvement et bouleversé par des catastrophes écologiques à répétition.

Olivier G. Boiscommun : On se connaît depuis très longtemps avec Sylvain mais on n’avait jamais vraiment eu l’occasion de travailler ensemble. Cela fait un moment qu’on avait tous les deux vraiment envie de collaborer sur un projet commun. On en a parlé ensemble, mais on avait chacun nos travaux.

Un peu de temps a passé et Sylvain est revenu assez vite avec l’idée de créer un univers post-apocalyptique et anthropomorphe. Au départ, j’ai été très surpris lorsqu’il m’a proposé cette histoire car je n’avais jamais vraiment dessiné d’animaux et ce n’était pas évident pour moi. Pour tout avouer, je ne m’en croyais pas vraiment capable...

Parlez-nous du scénario du Règne

Sylvain Runberg : C’est la première fois que je fais de l’animalier aussi. Dans Le Règne, l’homme a disparu mais les espèces animales ont survécu et évolué. Le fond rejoint la forme : les animaux ont changé, comme dans La Planète des singes, oeuvre à laquelle j'ai fait référence dans un moment hommage.


L’héritage que l’être humain a laissé en cadeau à toutes les espèces animales survivantes, ce sont les tornades, les ouragans réguliers et l’exil forcé de toute la population. Dans le premier tome qui inaugure le premier cycle de deux volumes, le lecteur suit un groupe de réfugiés dont un trio de mercenaires qui protègent une famille aisée dans leur périple vers un sanctuaire, le Schrin.

C’est un deal gagnant-gagnant : les mercenaires n’auraient pas eu les moyens de s’y rendre seuls, sans argent, et les nobles ont l’argent mais n’auraient pas pu se défendre eux-mêmes. C’est un échange de bons services. Le Règne, c’est vraiment un univers qu’on aimerait, avec Olivier, publier sur la longueur, en prenant notre temps.

On commence avec un vrai récit complet, en deux tomes tout en se gardant la possibilité de développer d’autres cycles après pour ne frustrer personne. Pour l’instant, les retours sont nombreux et bons. Je ne pense pas avoir eu autant de médiatisation sur le premier tome d’une série. Les retours des libraires aussi, sont très nombreux et enthousiastes. Pourvu que ça dure ! J’ai des idées pour au moins deux autres cycles : on peut faire voyager nos personnages, il y a plein de choses à découvrir...


Guidé par l’envie d’écrire en permanence

Quelle est votre façon de travailler ?

Sylvain Runberg : Je commence toujours par écrire mes scénarios seuls. Tout comme je présente mes projets en solo aux éditeurs. Mais pas cette fois : on l’a fait tous les deux. J’ai tout de suite eu Olivier en tête quand cette histoire est née dans ma tête. J’avais à l’esprit une scène du Livre de Jack où un personnage se transforme en loup-garou. J’étais sûr qu’Olivier pouvait être très bon sur un projet animalier. Il a d’ailleurs tout de suite été très à l’aise. Et on n’a pas eu de mal à le proposer : six éditeurs voulaient le signer.

Olivier G. Boiscommun : J’étais enthousiaste, mais quand même inquiet sur ma capacité à dessiner les animaux. Comme je ne trouvais pas ça évident, j’ai très vite ressenti le besoin de me rassurer en faisant les premières recherches. Très vite, j’avais en tête le lion, le bouc et la guéparde. Puis j’ai dessiné quelques planches d’essai, rassuré pour de bon. Les personnages anthropomorphiques ont toujours nourri ma culture. J’ai intégré des choses dans mon dessin sans m’en rendre compte et elles sont ressorties grâce au Règne, pour lequel il fallait être convaincant.

Olivier, vous étiez déjà sensible aux thématiques abordées par Sylvain ?

Olivier G. Boiscommun : Oui, j’ai toujours été sensible aux thématiques écologiques, aux conséquences des dérèglements climatiques. Avec Sylvain, on est politiquement et socialement très proches. On espère qu’il y aura d’autres cycles. Les animaux ont trouvé tout leur sens dans cet univers : j’ai tout de suite pris du plaisir à les dessiner et c’est ce qui me préoccupe avant tout.

Comment avez-vous choisi l’éditeur ?

Sylvain Runberg : Par rapport à l’intérêt manifesté pour le projet et la confiance qu’on nous accorde. On est très content d’avoir choisi Le Lombard, on est très bien accompagnés sur cette série.

Avez-vous d'autres projets en cours ?

Olivier G. Boiscommun : Oui mais des choses secrètes dont je ne peux pas trop parler pour l’instant... Je peux juste dire qu’une boîte de production aimerait faire une série TV avec Meutes.

Sylvain Runberg : J’ai un projet de science-fiction/fantasy chez Glénat comics avec Kim W. Andersson. Je bosse aussi sur la suite du Règne, d’Orbital, du Chant des Runes et de Millénium Saga, ainsi que sur un récit complet, The most dangerous game... Je suis aussi sur On Mars, une série de science-fiction en trois tomes.

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