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Mémoires de Viet Kieu questionnent l’identité

Auteur(s) :
Clément Baloup

L’auteur de bande dessinée Clément Baloup, formé aux arts appliqués de Marseille et aux Beaux Arts d’Angoulême, a une double culture franco-vietnamienne. Dans les trois tomes de ses Mémoires de Viet Kieu, dont le troisième, Les Mariées de Taïwan, est un de nos coups de coeur, cet auteur voyageur interroge son identité, d’où il vient et qui il est. Rencontre avec un jeune auteur plein d’ambition, d’idées et de talent.

Extrait des Mariées de TaiwanExtrait des Mariées de Taïwan

Un travail sur l’identité

Comment es-tu venu à la BD ?

Clément Baloup : Je suis un de ces animaux bizarres : petit, avant de savoir lire, je piquais des BD à mes parents et ma sœur. Je me racontais les histoires sans les bulles. Quand j’ai su lire, j’ai continué ce genre de lectures avec des comics et des mangas. J’ai appris à dessiner en dessinant et redessinant toujours. Je ne me posais pas la question d’en faire un métier mais j’étais accroc au dessin.

Etudiant, j’ai fait arts appliqués à Marseille puis les Beaux Arts d’Angoulême. J’ai alors découvert d’autres médias : la vidéo et la peinture. Après l’école, j’ai travaillé pour la télé : je suis devenu assistant chez France Télévision. Mais en réalité, j’étais très malheureux car je voulais faire de la BD ! On a monté un fanzine, La maison qui pue avec des camarades d’Angoulême. C’était le nom de notre maison : on vivait en coloc, on faisait de grosses fêtes mais aussi un fanzine ! Chacun avait son espace, c’était complètement libre dans le fond et dans la forme. J’ai alors eu des contacts avec le Seuil et La boîtes à bulles. C’est là que j’ai commencé à travailler sur Les Mémoires de Viet Kieu.

Extrait des Linh tho, immigrés de force (Mémoires de Viet Kieu)

Extrait des Linh tho, immigrés de force (Mémoires de Viet Kieu)

Qu’est-ce qui t’as donné envie de travailler sur ces Mémoires ?

Un jour, j’étais dans la cuisine avec mon père qui me parlait de la guerre à Saigon, où il est né : tout un univers que je soupçonnais confusément. Ce sont des moments précieux. Dans le quotidien, il n’est pas forcément facile de trouver la place pour parler de ça. J’ai sauté sur l’occasion pour raconter ça. J’ai par ailleurs spontanément écrit des scénarios de fiction empreints de réalité au Seuil, chez Gallimard, Le Lombard, Soleil... Ce projet de mémoires s’est développé tout seul au cours de mon travail.

En tant que fils de plusieurs cultures, française et vietnamienne, je me suis posé la question identitaire. Je déteste la posture de fils d’indigènes, la posture victimaire de certains. Je ne voulais pas exister en tant que fils d’immigrés. Après Quitter Saigon, le premier tome, je pensais que ça s’arrêterait là...

En quoi la BD est un support adapté au reportage ?

C’est mon seul moyen d’expression, ma manière de m’exprimer. Pour moi, la BD a plusieurs aspects que j’essaie d’explorer avec délice. L’histoire du Vietnam est un sujet qui me touche donc j’utilise effectivement la BD car je trouve que c’est assez efficace pour entrer dans un sujet. Et ce à la fois en ayant une distance par rapport à l’histoire et en même temps une empathie très forte.

Extrait des Mariées de TaïwanExtrait des Mariées de Taïwan

Depuis plusieurs années, il y a un engouement pour le BD reportage. Au début, j’étais très content mais je ne sais plus quoi en penser et j’ai peur que ce genre soit victime de son succès.

Pierrot Fontanier, le 12/07/2017

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