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Jack Wolfgang, pile entre espionnage et humour

Le duo Stephen Desberg-Henri Reculé, qui s’était formé autour du thriller Cassio, revient avec Jack Wolfgang, une série d’espionnage et d’humour, où les animaux et les humains cohabitent... Ils reviennent ensemble sur la naissance de ce loup cabotin, espion pour la CIA.

Un ton décalé mais une vraie intrigue

Comment est née cette série entre thriller premier degré et humour décalé ?

Stephen Desberg : Je m’étais déjà aventuré très loin dans cette veine là il y a vingt ans avec Johan De Moor dans la série La Vache. Mais c’est vrai que depuis je fais surtout des récits « sérieux »...

Recherches d'Henri Reculé autour de Jack Wolfgang

Premières recherches d'Henri Reculé autour de Jack Wolfgang

Au départ, Jack Wolfgang était plus réaliste : ce loup était adopté par une famille humaine, sur un plan de la CIA pour en faire un espion avec des capacités hors normes... Mais il y avait des problèmes de logiques insurmontables avec cette version : un loup dans le monde humain, ça attire beaucoup trop l’attention pour un agent secret !

Henri Reculé : Le scénario est passé par plusieurs versions. La première était beaucoup plus sombre d’ailleurs. Et ce sont les nombreuses discussions et réécritures du scénario qui ont donné à l’arrivée une version plus grand public.

Jack Wolfgang dans l'album

Jack Wolfgang dans l'album

Stephen Desberg : De temps en temps, on tombe sur un sujet et des personnages qui permettent de traiter des choses classiques sous un autre angle. J’avais le même sentiment quand j’avais commencé I.R.$. : aborder un thriller par le biais de l’argent permet de revenir sur des problématiques et des actions connues différemment. Les animaux cohabitant avec les humains permettent la même chose dans Jack Wolfgang...

Les codes de l’espionnage classique répondent tous présents : avec quelles références avez-vous construit cet univers ?

Stephen Desberg : Avec Henri, on était fascinés par le film Kingsman et son mélange de ton complètement décalé avec une intrigue à suivre au premier degré. Au début, j’avais peur que ce mélange des codes perde les lecteurs... puis je me suis rendu compte que ce mode de narration est très moderne et très apprécié, donc on s’est lancés !

Henri Reculé : Comme référence cinéma, j’ajouterai James Bond aussi.

Dans quelles œuvres animalières avez-vous puisé ?

Henri Reculé : J’aime beaucoup les univers animaliers dans le dessin animé. Les Disney forcément, mais aussi la série italo-japonaise Sherlock Holmes dont Miyazaki réalisa 6 épisodes. Par contre, et ça peut sembler contradictoire, je ne suis pas un grand fan de séries animalières en BD. Le travail de Guarnido sur Blacksad est exceptionnel bien évidemment. Mais je pense que c’est surtout le contraste roman noir et univers animalier disneyen en plus adulte qui rendent cette série très intéressante. Il y a d’autres séries animalières qui sont très bien mais ce n’est jamais l’univers animalier en lui-même qui m’attire. Dans le cas de Jack Wolfgang, c’est l’idée de dessiner des animaux ET des humains qui m’a tout de suite intéressé.

Il fallait créer un univers cohérent et je ne me voyais pas le faire avec un dessin réaliste. J’ai dû faire pas mal de recherches graphiques pour être vraiment satisfait et trouver un mélange humains-animaux cohérent. Ou, en tout cas, qui me semble cohérent. Pour casser un peu les proportions trop réalistes de mes personnages humains j’ai regardé quelques BD et aussi quelques dessins animés, notamment Les Indestructibles de Pixar. En BD, c’est Tigresse Blanche de Yann et Conrad qui a fait « tilt », notamment pour l’allure de la panthère.

On retrouve dans Jack Wolfgang des animaux beaucoup plus cartoon que dans le Dernier Livre de la jungle : les dessins animés récents type Zootopie vous ont-ils inspirés ?

Henri Reculé : Hum, Zootopie a été plus une angoisse qu’une inspiration car à la sortie du film on était déjà bien avancés dans le projet. Le scénario était pour ainsi dire fini et les personnages idem. On a surtout eu peur que le thème du film soit trop proche de notre série. Finalement ce n’était pas trop le cas. Ensuite, le côté cartoon vient de mes recherches pour rendre l’ensemble plus graphique et intéressant. Et je dirais que ce sont surtout les humains qui sont dessinés plus cartoon qu’à mon habitude.

Line-Marie Gérold, le 20/06/2017

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