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Valentin Gallet et son beau cauchemar

Auteur(s) :
Valentin Gallet

Date : 18/11/2016

Lieu : Paris

Envie d’histoires d’horreur et anarchiques ? La Toile montante vous emmène dans les terres désolées de Valentin Gallet. Portrait cet artiste complet qui représente d’un œil poétique la décrépitude et les désillusions de la vie humaine !

De l’excès pour mieux dessiner

Dès l’enfance, Valentin Gallet cultive une image d’artiste touche-à-tout. Peinture, sculpture, mode ou graphisme : tout attire son coup de patte créatif ! Sur les traces d’Hugo Pratt, Moebius ou Morris et autres auteurs de sa jeunesse, l’adolescent s’élance dans la voie du neuvième art. L’esprit de camaraderie, ainsi que les conseils précieux d’intervenants comme Michaël Sanlaville, Cyril Pedrosa ou Alessandro Tota révèlent une leçon qui va tracer sa ligne artistique : « Ne jamais succomber à la demi-mesure. » Il ajoute « On nous a toujours appris à nous immerger à fond dans notre univers et nous éclater là-dedans. »

Les artistes nippons inspirent à Valentin des illustrations époustouflantes !

Les artistes nippons inspirent beaucoup Valentin Gallet.

Sur son Tumblr, Valentin partage son penchant pour l’excès en publiant planches et illustrations aux couleurs prononcées. Influencé par les gerbes colorées qui habitent les toiles de Félix Vallotton et Joan Miro, le blogueur tend à créer « une nuit claire, où la couleur devient lumière ». Il ajoute à sa description : « J’ai tendance à prendre une teinte dominante autour de laquelle je vais travailler mes jeux de coloris. » Mêlée à un trait fouillé dans les estampes de Hiroshige et Utagawa Kuniyoshi, cette colorisation soignée ajoute un effet néon. Parfait pour donner un ton anxiogène à ses récits suintant d’horreur !

Le doux son de l’horreur

Des statues de dieux grecs aux légendes sur les yôkai, des esprits japonais, Valentin a toujours été fasciné par les traces des mythes et croyances. « Je ne suis pas intéressé par la mythologie en tant que telle mais plutôt par ce qu’elle représente » explique-t-il « Par la bande dessinée, j’ai envie de cerner et sacraliser ces croyances, en mettant en scène leurs vestiges et témoignages qui ont traversé les âges. »

Si Valentin Gallet était un animal, il serait la chouette effraie ; s'il devait prendre un modèle, il choisirait les statues moaï.

Si Valentin Gallet était un animal, il serait la chouette effraie ; s'il devait prendre un modèle, il choisirait les statues moaï.

Guidée des maîtres du manga horreur tels que Shigeru Mizuki, son imagination invoque les religions ancestrales, dans des décors aux allures délabrées et fantomatiques : « Le décor atoute son importance en bande dessinée. Ce n’est pas seulement un cadre où circulent les personnages ; il raconte l’histoire et produit ses personnages, non l’inverse. » Dans des plans dignes des films d’Akira Kurosawa, Valentin compose des scènes où onirisme et réalisme se rencontrent à la perfection, à la manière de F’murrr et son Génie des Alpages. Cette symbiose, l’auteur s’y accroche pour mieux faire ressortir le chaos qui creuse les cernes, rides et fêlures de ses personnages. Du bout de son stylet graphique, l’auteur maitrise l’art de célébrer la beauté du chaos.

Le paradoxe humain

Valentin ne torture pas les protagonistes de ses œuvres pour faire joli. Derrière ses tableaux misérables de la déchéance humaine, se dissimule une visée bien plus profonde : « Le sujet de mes BD n’est pas le chaos en lui-même mais la liberté et la délivrance qu’il suscite. Je veux bâtir un univers où les humains abandonnent leurs constructions sociales afin d’en dépasser les limites. »

Si Valentin Gallet était une oeuvre, il serait toute le film l'An 01 de Jaques Doillon ; un souvenir, son stage de sculpture en Toscane !

Si Valentin Gallet était une oeuvre, il serait le film l'An 01 de Jaques Doillon ; un souvenir, son stage de sculpture en Toscane !

Ce fantasme anarchique cache d’autres motivations : « C’est une façon de projeter ce rapport d’amour-haine entre l’humain et le monde qui, je trouve, s’inscrit bien dans notre réalité. On la subit et la détruit, mais en même temps on l’aime au plus haut point car ses rebondissements donnent de la saveur à notre quotidien. » Quotidien dans lequel l’artiste puise pour bâtir son Chaos poétique, une série qui raconte les déboires de trois personnages dans ce joyeux désordre. Et Valentin espère emmener son public progressivement dans cette virée cauchemardesque, entre ses projets d’édition et ses concours aux écoles d’arts !

Avant rendre visite à Valentin Gallet dans son atelier montagnard, allez sur son blog !

Avant rendre visite à Valentin Gallet dans son atelier montagnard, allez sur son blog !

Virginie Kroun, le 23/11/2016

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