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Retour aux Origines de la Louisiane

Date : 03/08/2016

Lieu : Paris

Une collaboration colossale

Comment s’est organisée l’élaboration du scénario dans une si grande équipe ?

Antoine Ruiz-Scorletti : Faire tenir des mois de recherche sur quelques planches n’est pas une mince affaire. Heureusement on a eu derrière nous des intervenants expérimentés dans la scénarisation de BD historique. Ils nous ont appris les ficelles du métier et surtout comment s’organiser en équipe. On a rapidement adopté le réflexe de répartir les tâches entre des petits groupe d’étudiants, chargé de l’écriture d’un chapitre de la BD.

Une fois le tout réuni, je corrigeais l’ensemble et confiais chaque partie à un dessinateur. Faire appel à plusieurs styles de dessins nous a été bénéfique, car on tenait à instaurer une ambiance particulière à chaque histoire.

Vue sur la Nouvelle Orléans par Kévin Kabengele

Léa Paz Paredes : En plus, collaborer avec les artistes nous a incités à délaisser nos habitudes d’historiens. Il a fallu adapter notre travail de rédaction, de façon à leur rendre les informations plus accessibles et plus faciles à imager.

Kévin et Gabrielle, c’est la première fois que vous travaillez sur une BD historique. Quelles ont été les plus grosses contraintes que vous avez rencontrées ?

Kévin Kabengele : Pour moi, le gros enjeu était d’allier ma créativité aux éléments de recherche. Je me servais de la base fournie par les chercheurs, c'est à dire des portraits et tableaux d’époque, ainsi que des costumes et des témoignages. J’étais aussi content de voir qu’il y avait des sources plus modernes comme le jeu Assassin’s Creed III : Liberation tiré d’une vraie documentation sur la Louisiane du XVIIIe. Mais malgré la matière dont je disposais, je me suis autorisé à prendre des libertés et faire mes propres recherches visuelles.

Vue sur le bayou par Théo Tchong

Gabrielle Auzias : J’ai aussi pioché dans des gravures pour m’imprégner de l’ambiance de l’époque. C’est vrai que mettre de côté ces ressources tout en restant fidèle à la vérité historique a présenté pas mal de difficultés. Mais j’en avais besoin pour dessiner plus librement, quitte à en rediscuter avec les chercheurs et revenir sur ce qui doit être corrigé.

D’autres projets pour l’Association Cod’Aix ? Un nouvel Origines est-il en vue ?

Origines 2.0 est notre élule de juillet

Antoine Ruiz-Scorletti : Je ne sais pas s’il y aura un troisième Origines. Pour l’instant, on attend de voir quelle tournure prendra Origines 2.0. De mon côté, les études vont toucher à leur fin et les étudiants de l’association reprendront le flambeau. J'espère personnellement venir sur de projets plus « rentables financièrement », ce qui n’était pas la préoccupation principale d’Origines 2.0. Etant étudiants, nous avons pu mener le projet sans l’idée de gagner de l’argent, et distribuer nos contenus gratuitement grâce à des bourses universitaires mais aussi à des fonds récoltés sur notre page Ulule.

Kevin Kabengele : Outre l’avantage financier, les plateformes de financement participatif permettent aussi de créer un public et étendre notre réseau. Ce qui aide des dessinateurs comme nous à se retrouver dans leurs choix éditoriaux et prendre plus de liberté et plaisir à ce qu’ils font ! Après je ne sais pas si j’irai jusqu’à dire que ce modèle détrônera celui de l’édition classique.

Gabrielle Auzias : Personnellement je pense qu’on assiste à une nouvelle façon de produire la bande dessinée grâce à ces plateformes ! Et je ne serais pas surprise de voir ce système prendre une place de plus en plus importante dans le paysage de la bande dessinée !

Vue sur la Nouvelle Orléans par Gabrielle Auzias

Virginie Kroun, le 19/08/2016

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