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Retour aux Origines de la Louisiane

Date : 03/08/2016

Lieu : Paris

Il y a quelques semaines, Origines 2.0 a récolté la cagnotte nécessaire à son lancement. Initié par des étudiants en histoire, ce projet mêle web documentaire, dessin animé et bande dessinée pour narrer la révolte louisianaise de 1768. Les coulisses de ce projet original nous sont révélées par deux des scénaristes, Antoine Ruiz-Scorletti et Léa Paz Paredes, ainsi que par deux dessinateurs : Kevin Kabengele et Gabrielle Auzias.

L’histoire à portée de tous

Scénaristes-chercheurs, dessinateurs, infographiste... Votre équipe comprend de gros effectifs dans ses rangs. Comment est née une si vaste collaboration ?

Antoine Ruiz-Scorletti : Avant Origines 2.0, notre association, Cod’Aix, avait déjà organisé une série d’expositions sur l’histoire de France, appelée Origines. On a pu développer une nouvelle façon de diffuser nos recherches sans avoir recours à des formats aussi formels que la thèse universitaire. J’avais envie de pousser le concept pour mon mémoire de master sur la Louisiane du XVIIIe siècle.

M’est venue l’idée de transposer mes recherches en bande dessinée, qui a le mérite de rendre visuel et accessible des connaissances auprès d’un large public. Le dessin animé diffusé l’année prochaine suit le même principe, en ajoutant des bruitages et de la musique censés rendre le contenu plus attractif.

Vue sur la Nouvelle Orléans par Gabrielle Auzias

Léa Paz Paredes : À côté, le web documentaire nous a permis de développer certains aspects des événements que l’on n’a pas pu approfondir en bande dessinée ou en dessin animé. L’avantage avec ces nombreux supports, c’est qu’une fois combinés, ils donnent au public plusieurs clés pour comprendre la révolte louisianaise !

Antoine Ruiz-Scorletti : On a donc fait appel à des chercheurs de l’association mais aussi à des intervenants issus d’autres horizons : illustration, infographie, musiciens... Tous étaient emballés le projet, ce qui a facilité la mobilisation et le lancement des préparatifs !

Peu de BD parlent de la révolte de 1768. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous pencher sur cette période ?

Antoine Ruiz-Scorletti : Encore aujourd’hui la révolte louisianaise est considérée comme le premier chaînon du cycle révolutionnaire américain. Seulement beaucoup oublient qu’il s’agissait moins d’un mouvement d’indépendance que de nationalisme envers la France, qui avait longtemps occupé le territoire avant de le céder aux Espagnols.

Extrait du chapitre sur Aubry par Flo Ocana

D’ailleurs ce passé colonial est toujours visible dans le quotidien de la Nouvelle Orléans, que ce soit à travers la fleur de lys, emblème de la ville, les carnavals ou les quartiers du Vieux Carré ! Le but d’Origines 2.0 est en quelque sorte de refaire ce travail de mémoire ou plutôt de retour aux origines...

D’où le nom du projet Origines 2.0 ?

Antoine Ruiz-Scorletti : Lorsqu’on a démarché des partenaires financiers, certains nous ont reproché le nom du projet, qui sonnait trop extrême-droite. Mais on a énormément insisté pour le garder car il résumait bien cette idée de revoir la définition d’appartenance, et montrer à notre public qu’un peuple ne doit pas se considérer à travers une seule, mais plusieurs origines.

En quoi ces objectifs ont orienté vos choix scénaristiques ?

Croquis d'Anne par Gabrielle Auzias

Antoine Ruiz-Scorletti : On a décidé de découper le scénario en dix petites histoires. Chacune donnait sur un point de vue différent de la révolte de 1768. On aborde celui des colons mais aussi celui des révolutionnaires qui comprenaient plusieurs communautés : les esclaves noirs, les Amérindiens, mais aussi les Acadiens [une partie du peuple a été déportée sur plusieurs territoires, dont la Louisiane, après leur rébellion contre les colons anglais au Canada N.D.L.R.]. Le plus compliqué dans l’écriture des personnages était surtout de mêler nos recherches, à la fiction. Mais avec l’équipe on est parvenus à trouver un compromis entre les deux.

Certains personnages ont existé, comme César, un esclave affranchi, auquel on prête une intention de libérer les esclaves noirs qui n’est pas encore attestée par les historiens. Et puis, d’autres sont complètement inventés comme Anne, la cheffe des Acadiens. On a aussi pris le parti d’aborder la magie et les superstitions locales à travers le procès de De Ulloa [gouverneur qui a régné sur la Louisiane lors de sa cession aux Espagnols N.D.L.R.], inculpé pour chamanisme. Ajouter une part d’imaginaire sans s’égarer de la vérité historique n’a pas été évident. Mais cela nous a aidés à installer une intrigue, afin de captiver le lecteur.

Extrait de César, la violence de la liberté par Théo Tchong

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Virginie Kroun, le 19/08/2016

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